Photo de Pierre-Michel Phaneuf, qui est acupuncteur à Laval depuis plus de 30 ans.
Acupuncteur Pierre-M. Phaneuf

Pierre-Michel Phaneuf Acupuncteur depuis plus de 35 ans

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Résumé de la théorie.  

(Voir plus loin la théorie en détails)

Cette théorie concerne surtout la transmission de l’influx nerveux entre les neurones du système nerveux sympathique.

Ce système nerveux a pour fonction de contrôler l’afflux sanguin aux différentes parties du corps en opérant des contractions des muscles involontaires entourant les artères. Cette action, que l’on nomme « vasoconstriction » diminue la « lumière » de l’artère (son espace interne), ce qui diminue le volume sanguin passant.









En opérant une vasoconstriction sur certaines artères et en relâchant cette action sur d’autres, le système nerveux sympathique octroie plus ou moins de volume sanguin aux organes, glandes, articulations, muscles, os, et autres parties du corps en fonction de leurs besoins immédiats et de l’environnement.

La théorie des neurotransmissions déficientes pose l’hypothèse que certaines neurotransmissions pourraient être déficientes, ce qui empêcherait certaines parties du corps de recevoir la quantité de sang adéquate à son bon fonctionnement selon les besoins du moment. Ainsi, à la longue, un problème de santé pourrait s’établir.

L’utilité de l’aiguille serait de faire une petite blessure dans le voisinage d’une neurotransmission déficiente. Cette blessure attirerait alors l’attention des mécanismes de réparation du corps et à cause de la proximité de la neurotransmission déficiente, cette dernière se verrait "rétablit" du même coup.

Une fois la « réparation » effectuée, la transmission de l’influx nerveux s'opère à nouveau adéquatement et les organes ou tissus cibles recommencent à recevoir le volume sanguin nécessaire à leur bon fonctionnement. Ainsi, en l’absence de lésion irréversible, la santé revient.

Pour faire un lien avec les théories anciennes expliquant l’action des aiguilles on pourrait dire qu’à nouveau, le Qi circule ! Les textes anciens précisent par ailleurs que « là où va le Qi, le Sang va aussi... »

Introduction


Pour élaborer son traitement, l’acupuncteur doit connaître toutes les théories relatives au Qi, au Yin et au Yang, à la circulation horaire de l’énergie, aux méridiens, aux différentes sortes ou familles de points, aux lois des 5 éléments, aux fonctions des organes tels que la médecine chinoise traditionnelle le décrit, et connaître sur le bout des doigts les différents tableaux pathologiques simples qu’il devra souvent combiner par la suite puisqu’il n’est pas rare qu’un patient présente plusieurs tableaux à la fois. Tout cela fait partie de la théorie qui sous-tend l’acupuncture.

Cette théorie permet à l’acupuncteur d’obtenir l’efficacité à laquelle on peut s’attendre. Cette efficacité varie selon la maladie à soigner, l’âge et l’état général du patient. Certaines maladies offrent des taux de succès plus grand que d’autres. Plus on avance en âge, moins les résultats sont rapides à obtenir. Par exemple, ce qui peut demander 3 traitements à un enfant de 7 ans, pourrait prendre 5 ou 6 séances chez l’adulte de 30 ans et 12 à 15 pour une personne âgée de 85 ans. La théorie ancestrale de la médecine chinoise en explique la raison dans le fait que le Qi est plus abondant et plus vigoureux au début de la vie et qu’il perd de sa force en vieillissant.

Toute la théorie sur laquelle se base l’acupuncture vise donc à trouver le bon agencement de points pour soigner efficacement un malade. Pourtant, bien qu’on ne puisse, et qu’on ne doive en aucun cas faire abstraction de cette théorie, développée et améliorée au fil des siècles, il est possible qu’elle ne soit en réalité qu'un modèle scientifique extrêmement utile mais qui n’explique pas réellement l’action des aiguilles sur la santé.

Les acupuncteurs du passé n’avaient à leur disposition que l’observation et la réflexion pour élaborer leurs théories. Ils n'avaient pas à leur disposition des appareillages médicaux modernes et devaient expliquer les maladies avec les moyens et les connaissances du temps.

A une époque reculée, aux débuts même de l’acupuncture, on en était même venu à croire que la maladie était due à la présence et à l’action de démons dans le corps du malade. On croyait alors que les aiguilles, ou ce qui les a précédé, poinçons de pierre, épines d’arbustes entre-autres, agissaient en tuant ces démons sous la peau.

Par la suite on a abandonné cette conception de la maladie pour développer peu à peu les théories reconnues actuellement par la médecine chinoise et probablement d’autres théories encore qui n’ont pas résistées au temps ou qui entraient en conflit avec l’amélioration des connaissances générales de chaque époque.

La théorie qui sous-tend l’acupuncture n’est donc pas fixée depuis toujours et à jamais. A l’instar des connaissances en tous les domaines du savoir humain, cette théorie peut encore subir des transformations. Les connaissances scientifiques, notamment en médecine, ont littéralement explosées depuis quelques décennies. L’acupuncture pourrait, et devrait donc s’adapter à ces nouvelles connaissances et remettre en question, à tout le moins, certains concepts anciens. Je ne dis pas que tout est à revoir, surtout si on considère le haut taux de succès de cette médecine, mais qu’il serait bon de profiter des connaissances modernes pour chercher à en améliorer la pratique.

Dans cet ordre d’idée, j’ai imaginé et développé depuis quelques années cette théorie qui pourrait expliquer l’action des aiguilles sur la santé. Je l’ai déjà exposé dans le livre L’acupuncture, l’alternative, parut aux éditions Quebecor en 2003.

J’ai décidé de publier cette théorie sur le web d’abord pour la faire connaitre, mais aussi pour chercher à intéresser d'autres acupuncteurs à travailler dans cette voie.



Théorie des neurotransmissions déficientes.


L’idée de départ est que l’aiguille insérée dans le corps crée une blessure. Si petite soit-elle, cette blessure doit être réparée par le corps. En réparant cette blessure, le corps réparerait en même temps des éléments physiologiques situés dans le voisinage immédiat à la blessure et c’est cette réparation « secondaire » qui produirait un effet bénéfique sur la santé.

Parmi les éléments physiologiques voisins à la blessure d’aiguille qui pourraient bénéficier de l’effort de réparation du corps il y a des synapses du système nerveux sympathique.

On sait que le système nerveux sympathique a pour fonction de contròler l’afflux sanguin aux différentes parties du corps. Il réalise cela par le truchement de vasoconstrictions et du relâchement de ces constrictions. Ainsi quand par exemple un muscle a besoin d’un apport supplémentaire de sang, le système nerveux sympathique opère un vaso-relâchement des artères qui amènent le sang à ce muscle et produit une vasoconstriction ailleurs dans le corps de façon à favoriser l’apport sanguin à l’endroit visé.

Cette action s'opère sur toutes les parties du corps (articulations, muscles, glandes, viscères, peau, etc. en fonction des besoins.

La théorie des neurotransmissions déficientes suppose l’existence d’une déficience dans la neurotransmission de l’influx nerveux d’un ou de plusieurs synapse du système nerveux sympathique si bien qu’il y a arrêt ou déformation du message véhiculé par l’influx vers le tissus cible. Ce dernier ne recevant pas un apport sanguin adéquat en fonction de ses besoins, développera à la longue un problème de santé.

Par exemple, si le sang n’afflue pas en quantité suffisante à une articulation, le liquide synovial qui huile et nourrit ses surfaces articulaires ne pourra être remplacé adéquatement et un problème, comme l’arthrose par exemple, pourrait en résulter.

Pour donner un deuxième exemple, si le sang n’est pas dévié suffisamment vers un reins, ce dernier ne pourra filtrer qu’une quantité restreinte de sang et divers problèmes pourraient survenir par accumulation de toxines, ou par augmentation du volume sanguin.

On sait qu’il est possible que certains neurotransmetteurs soient plus ou moins absents à la fente synaptique située entre l’axone d’un neurone et une dendrite du neurone suivant. Le meilleur exemple d’une telle carence se voit dans la dépression nerveuse. Pour soigner cette maladie, on utilise des médicaments qui incitent le neurone à produire davantage de sérotonine, neurotransmetteur en insuffisance dans cette maladie. Or s’il est possible qu’une telle insuffisance existe au niveau de synapses des neurones qui soutiennent la pensée, il est très probable qu’une insuffisance similaire existe au niveau des synapses des autres systèmes nerveux puisqu’ils utilisent le même mode de transmission de l'influx.

Donc, le système nerveux central envoi un signal de vasoconstriction à certains artères de façon à dévier une certaine quantité de sang vers un organe, un groupe de muscles, une articulation ou autre et l’influx nerveux qui véhicule ce signal de neurone en neurone vers la cible, est soit stoppé, soit déformé au niveau d’un synapse. Ce synapse n’a jamais été diagnostiqué défectueux par nos mécanismes d’entretient ou de guérison du corps si bien que le problème existe depuis déjà un temps suffisamment long pour qu’un problème de santé se soit peu à développé au niveau du tissus cible.

Ce que ferait alors l’aiguille est essentiellement de produire une petite blessure dans le voisinage de la synapse défectueuse, ce qui forcerait le corps à non seulement guérir le tissu blessé, mais à rechercher autours s’il y aurait d’autres tissus à réparer. C’est ainsi que la synapse défectueuse est enfin découverte et le système se met en charge de la réparer. Quand la synapse est rétablit, les influx nerveux passent normalement vers le tissus cible qui va peu à peu revenir à un état de santé.

Cette théorie ne contredit pas la vision derrière la théorie ancestrale de la Médecine Traditionnelle Chinoise, mais elle la montre sur un jour plus moderne. Ainsi l’acupuncture dit que si le Qi est bloqué quelque part sur le trajet d’un méridien, une douleur peut apparaître un peu plus loin sur ce même trajet. Or, si on remplace le mot Qi par le mot influx nerveux, et qu’on remplace le concept de trajet d’un méridien par celui du trajet d’un filament nerveux du système sympathique, on arrive à la même logique tout en comprenant un peu mieux ce qui se passe réellement suite à l’insertion d’une aiguille en un point d’acupuncture.

Le génie des acupuncteurs du passé aurait été de pressentir l’existence de l’influx nerveux et de pouvoir identifier les endroits précis où une synapse pourrait, par sa défection, avoir créé tel problème de santé.

Cette théorie peut directement expliquer l’action des points situés sur la chaîne des ganglions du système sympathique qui correspondent aux points Shu du dos, ainsi que celle des points situés entre cette même chaîne de ganglions et le tissus cible mais ne peut expliquer l’action des points distaux qui sont situés au delà du tissu cible sur le trajet du méridien concerné.

Pourtant, si on accepte le principe que des neurotransmissions de l’influx nerveux puissent être à la base de certaines affections de la santé, on peut aussi expliquer l’efficacité des points distaux en transposant la même logique appliquée au système nerveux sympathique vers le système nerveux sensitif puisque ce dernier a pour but de renseigner le système nerveux central sur, entre-autres, les conditions climatiques de l’environnement.

On sait que les points distaux sont souvent utilisés en fonction d’un problème qui se serait développé sous certaines conditions climatiques et qui se voit augmenté quand ces mêmes conditions se rencontrent à nouveau. Par exemple les points Mer (points He) distaux sont utilisés pour chasser l’humidité des méridiens. Les points Sources (points Yung) sont utilisés pour disperser la chaleur du méridien et parfois de l’organe relié et les points puits (points Jing) peuvent être utilisés pour chasser l’un quelconque des agents pathogènes pouvant affecter le méridien. Peut on alors imaginer que dans le voisinage de ces points se trouve une synapse défectueuse située sur le parcours d’un filament nerveux du système sensitif, dont la tâche serait justement de véhiculer au système nerveux central l’information sur l’élément climatique auquel le point se réfère. Ainsi, si la synapse est défectueuse, le système nerveux central se voit privé d’une information sur l’environnement climatique. Cette privation de renseignement l’amènerait alors à créer une fausse adaptation du corps en rapport avec le climat correspondant ce qui créerait à la longue un problème de santé.

Ici encore, l’utilité de l’aiguille serait de faire une petite blessure dans le voisinage de la synapse défectueuse et d’inciter le corps à redonner à cette synapse sa capacité à transmettre adéquatement l’influx nerveux.

Pour terminer, il est possible que l’aiguille soit placée non pas dans le voisinage du synapse défectueux lui-même, mais dans le voisinage du corps du neurone chargé de la production des neurotransmetteurs de la synapse défectueuse puisque c’est le neurone situé en avant qui est responsable de la production des neurotransmetteurs de la fente synaptique. Cela ne change en rien l’idée de base de cette théorie mais permet d’ajouter une possibilité quand aux locations des points pouvant inciter le corps à rétablir le mécanisme d’une synapse défectueuse. Avec cette dernière possibilité, l’action réparatrice du système serait orientée vers le noyau cellulaire du neurone plutôt que vers la fente synaptique elle-même.


Synapse

Artères en vasorelâchement et en vasoconstriction.

Shéma de la théorie des neurotransmissions déficientes.

La théorie des “neurotransmissions déficientes”

(Quand les connaissances présentes expliquent celles du passé)